Jais 3 : une famille de modèles ouverts pensée pour l’arabe tel qu’on le parle
L’Institut des modèles de fondation de MBZUAI et Inception42 publient Jais 3 : six modèles ouverts pour l’arabe et un modèle de reconnaissance vocale qui suit les passages au français.
Mi-octobre, l’Institut des modèles de fondation (IFM) de l’université MBZUAI d’Abou Dhabi et Inception42, filiale de G42, ont publié Jais 3. C’est une famille de six modèles de langue ouverts centrés sur l’arabe, accompagnée de Jais Speech, un modèle de reconnaissance vocale.
Ce qui sort
Les six modèles vont de 900 millions à 375 milliards de paramètres. Les tailles citées sont 0,9, 3,7, 7, 32 et 375 milliards. Le plus petit est présenté comme assez léger pour tourner sur un téléphone. Tous partagent la même recette d’entraînement, les mêmes capacités d’agent et une fenêtre de contexte de 512 000 tokens. Ils reposent sur K2 Horizon, la famille ouverte que l’IFM a sortie en septembre. Chaque modèle est livré avec cinq points d’étape de son entraînement, ce qui permet de suivre comment il a été construit. Les modèles sont sur Hugging Face, avec une prise en charge de vLLM et SGLang. Le plus grand, Jais-3-375B, est publié sous licence Apache 2.0 et vise l’arabe et l’anglais.
La voix, avec ses mélanges
Jais Speech reconnaît l’arabe standard et les dialectes de 19 pays arabes. Il identifie le dialecte parlé et sait ajouter les voyelles au texte. Surtout, il suit l’alternance vers l’anglais ou le français et garde ces mots dans leur écriture d’origine. Le communiqué cite l’arabe d’Afrique du Nord parmi les dialectes couverts, sans nommer le darija.
Les chiffres, avec leur provenance
Les équipes ont évalué Jais 3 sur 24 tests arabes audités, qu’elles publient. Au format 7 milliards de paramètres, la moyenne sur ces tests passe de 56,4 pour K2 Horizon à 79,6 pour Jais 3. Ce sont les mesures des développeurs. Pour Jais Speech, le communiqué parle des taux d’erreur les plus bas parmi les modèles comparés, sans publier de valeurs.
Pourquoi c’est utile ici
Au Maroc, une réunion, un appel client ou une note vocale mélange souvent arabe dialectal et français. C’est précisément le cas que Jais Speech dit traiter. Pour une agence, cela ouvre deux pistes concrètes : transcrire des entretiens ou des réunions sans tout envoyer à un service américain, et bâtir des assistants qui comprennent un client qui change de langue au milieu d’une phrase. Les modèles étant ouverts, on peut les héberger là où l’on veut.
La bonne méthode reste la même : un test sur nos propres enregistrements, en darija, avant toute promesse à un client. Le communiqué cite l’Afrique du Nord ; c’est sur le terrain qu’on saura ce que cela vaut pour Casablanca.