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Anthropic dépose son dossier d’entrée en Bourse : ce que disent les chiffres

Le 26 octobre, Anthropic a déposé son formulaire S-1 auprès de la SEC. Le prospectus montre une croissance très rapide, une perte comptable massive et une gouvernance hors norme.

Par l’équipe N02 min de lecture
Dessin au trait : un homme derrière un pupitre peint du logo Claude sonne la cloche de la Bourse en tirant sur une corde rouge, et regarde, sourcil levé, une étiquette de prix encore vierge.

Anthropic a annoncé le 26 octobre 2026 avoir déposé auprès de l’autorité boursière américaine, la SEC, un formulaire S-1, l’étape formelle d’une introduction en Bourse. La société, constituée en public benefit corporation, propose des actions ordinaires de classe A, avec une cotation visée au Nasdaq Global Select Market sous le symbole « ANT ». Goldman Sachs et Morgan Stanley mènent l’opération. Le nombre d’actions et la fourchette de prix ne sont pas fixés, et le dépôt n’est pas encore effectif : aucun titre ne peut être vendu pour l’instant.

Une croissance que la société ne promet pas de tenir

Le prospectus, public sur la base EDGAR, donne enfin des chiffres vérifiables. Le chiffre d’affaires passe de 41 millions de dollars en 2023 à 386 millions en 2024, puis 4,6 milliards en 2025. Sur le seul premier semestre 2026 (comptes non audités, clos le 30 juin), il atteint 16,3 milliards, soit 1 300 % de plus qu’un an plus tôt. Anthropic écrit noir sur blanc qu’il ne s’attend pas à garder de tels rythmes. Autre indicateur mis en avant : une rétention nette du chiffre d’affaires d’environ 900 % au 30 septembre 2026, ce qui signifie que les clients existants dépensent beaucoup plus qu’un an auparavant (les abonnés Pro et Max sont exclus du calcul).

Une perte à lire avec soin

La perte nette atteint 41,97 milliards de dollars en 2025 et 80,75 milliards au premier semestre 2026. Le chiffre impressionne, mais le S-1 en donne la principale cause : la variation de juste valeur des obligations convertibles et instruments assimilés, 34,3 milliards en 2025 et 72,4 milliards au premier semestre 2026. Plus la valorisation de la société monte, plus cette dette se réévalue, et plus la perte comptable grossit. Ce n’est pas de la trésorerie dépensée, mais ce n’est pas neutre pour les futurs actionnaires.

Une gouvernance à part

Le Long-Term Benefit Trust, un comité de fiduciaires indépendants, détient des actions de classe T qui lui permettent d’élire la majorité du conseil d’administration, sans droit économique. Une action de classe F revient à une société détenue par les cofondateurs. Des actions sont aussi prévues pour un fonds d’intérêt public filiale d’Anthropic.

Pourquoi cela compte pour une agence

Une société cotée publie ses comptes, ses risques et ses dépendances. Pour une entreprise qui construit sur Claude, c’est une source de première main sur la solidité du fournisseur, ses coûts de calcul et ses priorités. Prochaine étape : la fixation du prix.

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